Chroniques françaises #1 – Et soudain…

Buenos Aires – Rome – Toulouse.
Tout est allé trop vite. Je me suis mise en pilote automatique, faisant les choses les unes après les autres comme il se devait. Revenir à « la vraie vie » comme on m’a assenée lorsque je suis arrivée en France. Dur. Deux jours un peu étranges et cotonneux d’un passage de l’automne au printemps, de l’hémisphère sud au nord. Redécouverte du fromage, de la baguette, du soleil qui se couche à 21h. Redécouverte du stress français qui m’a déjà contaminée.

Avant de partir, j’ai rempli à craquer mon iPod de tangos. Dans le train qui m’emmenait aujourd’hui de Toulouse à Toulon, j’écoutais somnolente des tangos. Astillero. Cucuza. Sexteto Milonguero. Pugliese. Salgan. Ojos de tango. Color Tango. Et soudain, le Cuarteto Viejo Rincon, que je ne connaissais pas. Soudain, le tango « Tierra Negra » (allez savoir pourquoi justement celui-là ?) m’a fait couler des larmes à n’en plus finir. Tout en me faisant sourire de plaisir. Une envie frénétique de danser m’a prise, l’idée que je ne pourrai mettre les pieds dans une milonga avant vendredi prochain m’a presque épouvantée. Puis j’ai remis Salgan qui m’a littéralement transportée. « Boedo », le quartier où je vivais à Buenos Aires, m’a renvoyée là-bas, à toutes ces découvertes fantastiques, ces deux mois de vie qui viennent de laisser place à une nouvelle phase.

Tout ça, oui.

Mais surtout, d’un coup, j’ai eu l’impression d’entendre une voix amie. Une voix rassurante. Quelle joie soudain ! Comme si ces tangos parlaient exactement ma langue, accompagnaient mes émotions (comme c’est souvent le cas) pour me dire: « tout va bien, regarde, tu connais le tango et sais t’en émouvoir ». Et c’est vrai : quelle chance d’avoir découvert cet univers, que cela soit dans la danse ou la musique, les paroles ! Il est riche, émouvant, chaud, tourmenté, bref, vivant. Et il me fait me sentir vivante ! Et m’inspire ! En milonga, je ne sortais plus jamais sans un stylo et un carnet pour noter des choses ! Loin de Buenos Aires, il m’y relie toujours… Quel tressaillement, quelle joie !

Bon, très vite, je vais continuer joyeusement à vous écrire des chroniques portenes, parce que j’ai encore plein de choses à vous dire ! Et tellement d’interviews passionnantes !

12
Photo By: Baila Blanca
1 Discussion on “Chroniques françaises #1 – Et soudain…”

Laissez un commentaire

Your email address will not be published.