Chroniques Porteñes #36 – Une vie de tango

J’ai la chance de vivre à Buenos Aires et travailler à des horaires très commodes pour pouvoir aller danser jusqu’au petit matin en pleine semaine si je le souhaite, sans me préoccuper « de devoir aller au boulot à 9h demain. »
Les gens qui vivent à Buenos Aires (pas seulement pour quelques semaines ou mois de vacances) que je connais sont majoritairement des européens travaillant sur internet depuis chez eux ou des argentins artistes de tango (musiciens, professeurs, danseurs). Ils ont des horaires flexibles et sortir en milonga fait presque partie de leur travail pour la partie relationnelle et technique. Pour l’instant je n’ai pas vraiment rencontré de gens ayant une vie un peu plus « normale ». Je pense toujours à eux. A ceux qui doivent se lever aux aurores pour aller travailler, s’asseoir 8 ou 9 heures devant un ordinateur. Ca, je l’ai fait, et alors quand j’allais en milonga, c’était seulement le week-end ou alors pour danser quelques tandas rapides et rentrer en courant pour retrouver mon lit. Mais en même temps les milongas en France terminent au plus tard à 2h du matin. A Buenos Aires je ne souhaitais pas avoir un travail fixe dans une entreprise, parce que cela empêche toute vie nocturne il me semble, alors que la vie de milonguero dans la capitale est si riche…
Pour les parents, les travailleurs, ceux qui n’aiment pas sortir trop tard, il y a des pratiques et des milongas d’après-midi ou qui se terminent tôt dans la soirée. C’est mieux que rien, mais c’est plutôt frustrant non ?
Je dansais avec quelqu’un un soir qui m’a demandé si j’allais ensuite à la Viruta. Je lui ai répondu que oui, et lui? Non, il devait se lever tôt pour aller travailler le lendemain. Et j’ai pris conscience de notre chance de pouvoir aller danser chaque soir, de pouvoir envisager le programme du lendemain seulement à partir de 14h. Pouvoir suivre son envie de danser sans regarder l’heure, quel luxe…

Je recherche des gens qui vivent à Buenos Aires qui sont parents de petits enfants et / ou employés dans des bureaux (ou en tout cas avec des horaires « normaux ») et qui sortent plus de trois fois par semaine (hors WE) pour les interviewer et comprendre quel est leur rapport au tango, et bizarrement, je n’arrive pas à en trouver…

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Photo By: Cassandre Tanguy
1 Discussion on “Chroniques Porteñes #36 – Une vie de tango”
  • Yo estuve viviendo 3 años en Montevideo y volví a Europa antes del verano del hemisferio norte.
    Yo llevaba una vida con trabajo « normal « .
    En Montevideo también se vive mucho el tango.
    Su quieres preguntar algo, aquí ya tienes mi e-mail.

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