Chroniques Porteñes #42 – Il n’en suffit que d’un…

…Un qui danse différemment, qui a un niveau plus avancé, qui a des attentes importantes, qui ne pense qu’à la technique, qui ne pense qu’à briller. Un qui ne chercher pas à créer une connexion, qui n’attends même pas que l’abrazo soit installé pour se lancer comme un fou sur la piste. Un qui te fait donc trébucher car tu n’es pas prête. Qui te fait courir car tu n’es pas au même rythme que lui. Un qui te violente soit dans un abrazo trop serré ou trop autoritaire, trop pressant, trop lourd…
Il n’en suffit que d’un pour vous sentir soudain minuscule ou insignifiante, mauvaise danseuse qui aurait sa place dans les pratiques de débutants. Il n’en suffit que d’un pour vous sentir minable et vous donner envie de saisir toutes vos affaires et partir en courant de l’endroit. Il n’en suffit que d’un. Quelle honte, quel misérabilisme! Il ne faut pas laisser l’ego passer à la machine à laver de ces rustres. Cela tue notre confiance qu’on passe tant d’heures à travailler, tant de cours à affiner, tant de nuits à pratiquer. Et Si on reste sur ces impressions amères et dévalorisante, On se demande bien à quoi bon continuer le tango…
J’ai honte pour ces hommes qui ne sont ni fins ni bien éduqués.
Ce qu’il ne faut jamais oublier, surtout, c’est que outre fuir ce type de malotrus, la plupart du temps, il n’en suffit que d’un seul pour justifier toutes ces heures de travail physique et émotionnel, un seul suffit pour qu’au moment d’entrer dans l’abrazo, on sente que le monde pourrait s’écrouler et que cela n’aurait pas beaucoup d’importance.

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Photo By: Diego Braude

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