Chroniques Porteñes #43 – Cet étrange sentiment de culpabilité

Depuis que je vis à Buenos Aires, on ne cesse de me dire (depuis l’étranger ou ceux qui sont en visite), que sans doute je sors tous les soirs et que mon niveau doit être maintenant quasi professionnel, (d’ailleurs, pourquoi ne pas envisager une conversion en donnant des cours? – je ne commenterai pas cette aberration qui me fait toujours autant rire face à la fois à cette méconnaissance de cette danse et l’impression qu’en un tour de main on peut en faire son métier. N’est ce pas terriblement dévalorisant pour les professionnels qui triment depuis des années pour se faire une place, un nom, une vie dans l’univers du tango? Bref, passons.)
Non, je n’ai aucune velléité à professionnaliser mon tango, c’est pour cela que je ne prends pas un cours technique par après-midi, ne vais pas aux entraînement de yoga, stretching, pilates et xxxx trois fois par semaine comme les danseuses de métier, et non je ne sors pas tous les soirs non plus. En fait maintenant que j’habite ici, je sors bien moins souvent que lorsque j’étais là pour un (moyen) séjour. La vie quotidienne, le travail, les horaires et la fatigue prennent souvent le pas sur le reste et je suis dépitée vers 22h lorsque oui, j’ai envie de sortir danser mais que non, je n’en ai aucunement l’énergie. Je me sens comme coupable d’avoir à ma portée ce que j’ai tant voulu et finalement ne pas en profiter comme d’autres le feraient. Mais le feraient ils vraiment? Le tango n’est il pas un long processus qui dépasse la danse? Je regarde des films, écoute des morceaux, tente de traduire des paroles et je lis des livres au sujet du tango. Je ne le réduis pas à la « simple » danse mais tente de l’envisager dans quelque chose de bien plus large, un mode de vie, une façon de regarder le monde, de parler aux gens, de se vivre soi. Mais alors quand je sors (rarement pour quelqu’un qui vit là, donc), cette culpabilité me reprend, et cette impression de ne pas être dans le coup aussi..

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Photo By: @Bridget Jones Diary
1 Discussion on “Chroniques Porteñes #43 – Cet étrange sentiment de culpabilité”
  • Pas besoin de culpabiliser, chica: cela fait juste confirmer que je savais déjà: le tango n’est pas une danse mais un art de vivre…

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