Chroniques Porteñes #8 – Buenos Aires, la ville tango

Ce samedi, il faisait très beau à Buenos Aires. Un temps absolument parfait pour flâner à vélo jusqu’à Palermo pour boire un café dans un de mes lieux fétiches, prendre un peu le soleil, le nez en l’air, respirer un peu l’ambiance de la ville, prendre des rues inconnues, profiter. Je me faisais la réflexion de la chance formidable que j’ai d’être là en ce moment, de vivre ce que je vis. J’en ai conscience.
Je suis sortie, pimpante, prête à toute éventualité, mes chaussures de tango dans mon sac au cas où mes coups de pédale me dirigeraient vers la pratique de l’école DNI.
J’ai vissé mon iPod sur mes oreilles (maman si tu me lis : OUI je fais attention à vélo! Pour info, il y a des voies spécialement aménagées pour les vélos, bien plus sécurisées qu’en France!), pour écouter le disque Soundtrack Buenos Aires, d’Astillero, que j’adore. C’est un disque que j’aime écouter surtout lorsque la nuit tombe sur la ville, que les lumières s’allument de partout, que se déchaine cette atmosphère intense et presque suffocante d’un champ des possibles incontrôlable. La journée se prêtait plutôt à des tangos légers, joyeux. Parce que Buenos Aires respire le tango à chaque coin de rue. Chaque variation rythmique, chaque coup de violon trouve son sens dans un boliche ou à un arrêt de bus. Les orchestres d’aujourd’hui sont pour certains très attachés à retranscrire la respiration de cette ville tentaculaire, dans les paroles comme la Fernandez Fierro dont j’ai déjà parlé, mais aussi dans le son de certains orchestres comme le Cachivache ou Astillero. Ils parviennent à traduire la diversité de cette ville, sa douceur et sa violence, son côté accueillant et chaleureux mais aussi terriblement hostile. Je réfléchissais à ce que j’avais envie d’écrire aujourd’hui. Parler d’un film de tango que j’ai vu l’autre jour, de comment on s’habille pour danser à Buenos Aires, du fait de sortir danser seule ou accompagnée. Je pensais à plein de choses. Mais finalement c’est cela que j’ai eu envie de vous partager. Un instant un flash, une image puissante.

Soyons honnêtes. La violence de Buenos Aires, je ne la vois pas directement. Ce que je vois, ce que je sens, sont les détresses sociales, financières, lorsque je passe dans certains quartiers ou que je traverse la ville en bus. On croise toute sorte de gens, de regards, de sourires. Tout cela, on le sens dans le tango. Il musicalise tout simplement la vie, vous ne trouvez pas? Mais l’écouter en se promenant dans les rues de Buenos Aires a quelque chose de fascinant.

Je me promenais donc, admirant le street art florissant, me disant que cette ville regorgeait d’artistes qui trouvent des moyens incroyables de s’exprimer. La musique, la peinture, les collages… Quelques accords un peu violents de la musique et soudain je tombe sur une image que je ne pense pas oublier de sitôt. Cliquez dessus, vous comprendrez.
Et là, tout le « Soundtrack Buenos Aires » a pris encore plus de sens et m’a fait saisir encore plus justement de cette chance que j’ai de vivre la ville du tango dans de si jolies conditions….

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Photo By: Bahia Blanca

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