Hugo Satorre – Bandonéoniste – 1ère partie

« Lorsque j’ai joué du bandonéon pour la première fois, ce fut immédiat et très clair: j’avais trouvé « mon » instrument. Enfin ! »

Le Duo Ramirez-Satorre, l’Orquestre Victoria, Otros Aires… Hugo Satorre multiplie les projets, diversifie les styles, allant du tango traditionnel au tango électronique, en passant par la musique classique. Il nous raconte la passion qui l’anime depuis sa rencontre inopinée avec le tango, sa façon de le vivre et le comprendre aujourd’hui, à Buenos Aires et ailleurs. Hugo Satorre est un touche-à-tout, voyageant à travers le monde avec son bandonéon. J’ai pu l’interviewer juste avant un concert qu’il donnait au Café Vinilo, où on peut l’écouter tous les lundis lorsqu’il est en ville.

L’actualité de son tango
« Aujourd’hui, la musique est au coeur de ma vie. J’ai commencé à danser le tango à 17 ans, alors que j’étudiais la musique classique avec la guitare. Maintenant, avec le bandonéon, je danse peu et je joue beaucoup. Cela me convient bien. »

Sa rencontre avec le tango
« Mes parents n’écoutaient, ni ne dansaient, ni ne jouaient de tango. Mon père est avocat, moi-même j’ai étudié le droit sans jamais rien espérer de la musique. Pouvoir en vivre en Argentine est plutôt difficile. En 2001, lorsque j’ai joué du bandonéon pour la première fois, ce fut immédiat et très clair: j’avais trouvé « mon » instrument. Enfin ! Et tout fut très simple. A cette époque il y avait encore assez peu de jeunes bandonéonistes. Deux ans après mes débuts j’entamais déjà une tournée et l’année suivante j’ai pu jouer dans un lieu incroyable: l’Opera House de Sidney, lors d’une tournée australienne. Je ne pouvais pas même concevoir de jouer là-bas, et quand cela arriva, je ne pu tout laisser en plan. Je me suis dédié à la musique, étudiant énormément. J’ai participé à un programme éducatif très important (l’Orchestre-école de Tango Emilio Barcarce) où j’ai énormément appris de vieux maestros. J’ai été pris dans la tornade, se sont ensuivi de nombreux projets et tournées à travers le monde. Avec Otros Aires et les Spectacles de tango de scène que j’ai accompagné lors de voyages, j’ai pu découvrir un autre type de public, qui ne connaissait pas vraiment le tango et s’y approchait de façon différente. Souvent, ces projets périphérique du tango « classique » en sont des portes d’entrée. »

LES PROJETS CENTRAUX
Le Duo
« Le Duo est comme un groupe intime et indépendant. Les dernières années ont été très intenses ; on nous a nominés au Grammy pour notre disque « Piazzolla de Camara », et ce fut pour nous une révolution. Cela nous a beaucoup aidé à nous promouvoir, et se faire connaitre. Nous sommes allés aux Etats-Unis, en Australie… cela nous a ouvert beaucoup de portes. L’an dernier nous jouions déjà beaucoup, mais cette année encore plus ! Nous aimons bien avoir des publics restreints, de 30 ou 40 personnes. Pour la musique que nous proposons, c’est très agréable d’être en contact direct et quasiment intime avec le public, c’est pourquoi c’est idéal de jouer dans des maisons. »

L’orchestre VICTORIA
« Nous jouons tous les lundis ici, au Café Vinilo de Palermo. Mais pas seulement. L’orchestre La Victoria est arrivé à un tournant important. Nous partons en Autriche, en Russie et aux Etats-Unis dans les mois qui viennent. Nous venons de terminer l’enregistrement d’un disque et nous pensons déjà au prochain. »

OTROS AIRES
Je me suis un peu détaché d’Otros Aires ces derniers temps, trop pris par de nombreux autres projets. Donc pour la première fois, je ne pars pas en tournée avec le groupe, plus populaire hors d’Argentine. Nous venons d’enregistrer un disque avec divers morceaux acoustiques pour fêter les 10 ans de l’orchestre. »

Autres projets
« Il y a peu j’ai accepté un travail différent : je vais jouer pour deux opéras à Vienne, en octobre : María de Buenos Aires (Piazzolla) et Mateo (M. Palmeri). Cela me fera changer mes habitudes de travail. Ensuite, nous verrons. Comme toujours, tout est très intense ! »

Pourquoi démultiplier ainsi les projets ?
« Avant, je n’avais qu’un seul groupe (U Orquesta) dans lequel j’essayais d’exprimer toutes mes aspirations. Mais je me suis rendu compte que c’était une erreur. Avoir plusieurs groupes distincts permet d’exprimer des choses différentes, de façon plus cohérentes. Si je veux jouer quelque chose de typique, je le peux grâce à la Victoria. Si je veux quelque chose de plus rockeur, ça sera Otros Aires. Une ambiance plus traditionnelle et intime, le Duo. Je trouve plus sain de multiplier les canaux d’expression de sa personnalité musicale, qui est si multiple. »

Un petit aperçu du nouveau disque du Duo

La suite très bientôt…

Entrevue réalisée en mai 2015

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Photo By: Shay Tobin
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